

Stéphanie Fontaine , mis à jour
Après avoir décidé, jeudi, de fermer les établissements scolaires et universitaires à compter de ce lundi, puis, tous les autres lieux "recevant du public non indispensable à la vie du pays" - les restaurants, bars, discothèques, cinémas, musées… - à partir de samedi minuit, l'exécutif est en train de réfléchir à un confinement total, comme l’ont déjà décrété, en Europe, l’Italie et l’Espagne. Emmanuel Macron devrait le préciser lors d'une nouvelle allocution télévisée ce lundi à 20 heures, ainsi qu'annoncer de nouvelles mesures de lutte contre l'épidémie de coronavirus. Il est par exemple question de reporter le second tour des municipales au 21 juin.
Ces décisions sont en train d'être discutées à l'Élysée, où un conseil de défense s'est tenu à midi. Un nouveau tour de vis est en tout cas attendu, car les images de Français se réunissant en toute insouciance dans les parcs parisiens lors de ce week-end ensoleillé auraient choqué au plus haut sommet de l'État.
Or, la "situation de l'épidémie en France est très inquiétante, elle se détériore très vite", selon le directeur général de la Santé interrogé par France Inter, ce matin. Jérôme Salomon a entre autres déploré la "faible adhésion" de la population aux consignes de sécurité, notamment celle d'éviter de se rassembler.
Dans les sphères bien informées, circulent les messages les plus alarmistes. "Il est déraisonnable de prendre les transports publics et nos déplacements doivent être réduits au strict minimum", exhorte ainsi par mail à toute son équipe un ponte de l'épidémiologie de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). "Il est de notre responsabilité d'acteurs de santé publique de :
1) respecter [le] confinement,
2) de faire prendre conscience à nos proches de cette impérieuse nécessité,
3) de porter ce message au quotidien (distance de sécurité, etc.) car nos compatriotes n'ont pas encore compris la gravité de la situation".
Cela reste très flou pour le moment. Et pour cause, selon nos informations, les différentes forces opérationnelles - armée, gendarmerie - qui devront encadrer ce confinement ne plancheraient à cette hypothèse "dure" que depuis ce lundi matin, rien de spécial n'étant prévu par la loi en pareilles circonstances. Il reste évident que cela voudrait dire que les personnes ne pourraient plus circuler librement. Les transports publics (SNCF, aériens, maritimes) ont d'ailleurs déjà annoncé qu'ils réduisaient leur offre.
Deux articles du code de la Santé publique sont concernés.
De fait, aucune sanction particulière n'est inscrite dans ces articles. L'arrêté du ministre de la Santé, puis les arrêtés préfectoraux et le décret en Conseil d'État qui devraient accompagner cette mesure de confinement auront donc le cas échéant à le prévoir.
En Italie, où la population ne peut circuler que pour des "impératifs professionnels dûment vérifiés", "des situations d’urgence" pour des raisons médicales, et sortir de chez elle sinon uniquement pour faire ses courses, ceux qui enfreignent ces règles encourent trois mois d'emprisonnement et une amende allant jusqu'à 206 euros.
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